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 Carnet d'une future nation

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MessageSujet: Carnet d'une future nation   Mar 26 Aoû - 21:41

Sur une page d'un carnet encore vierge dont certaines feuilles ont été arraché.

 











• 26 Août 2014 •


J'ai toujours espéré que chacun pouvait décider de ses sentiments.


Ou plutôt, je voulais croire que je pouvais maîtriser les miens.


Mais sommes-nous responsables de ce que nous ressentons ?




L'enfance est loin à présent.


Ce n'est pas totalement vrai, mais c'est l'impression que j'ai.




Les souvenirs de ma patrie me rattrapent peu à peu, effaçant en moi, les dernières traces d'insouciance que j'aurais voulu graver quelque part dans mon cœur. Conserver cette pureté précieusement pour avoir encore la sensation d'être moi. La petite Luu Ly qui a grandi dans les rues d'Hà Nôi, dans le Tonkin. Il y a tant de choses que je rêve d'exprimer, des émotions qui sont enfouis loin dans mon cœur et que je ne peux oublier. Les mots ne suffiront pas. Et sans aucun doute, le temps m’ôtera irréversiblement une partie de mes souvenirs. Je le sais bien, je ne pourrais ni retranscrire par écrits chaque seconde de ma vie, ni m'en rappeler éternellement. 


Les mots oubliés avec le temps ne resurgiront peut-être jamais.


Jamais.


C'est plutôt triste comme mot, « jamais ».




  Mon passé – mon histoire individuelle – est parfois aussi trouble qu'un rêve. Souvent, il s'évapore lorsque j'ouvre les yeux.Et à la place, des visions oniriques d'inconnus hantent mon esprit. Des massacres, des guerres, des fléaux. Des épisodes qu'il ne faut pas ignorer. Pas oublier. Et puis, il y a également tant de choses que personne ne saura jamais, des vérités inavouées, des crimes cachés, des mystères secrets, des amours restés dans l'ombre...


Comme s'il battait en moi, le temps résolu anime mon être et la mémoire collective de toute une nation étend ses racines dans ma mémoire. 




  Mon âme, ne m'appartient pas réellement, n'est-ce pas ?




Ce n'est pas « mon » âme. Ce n'est pas à moi qu'elle appartient. C'est l'âme de ma patrie, de mon peuple, de ma raison de vivre. Une âme abritée dans mon corps, ce corps si frêle qui ne paraît plus m'appartenir par moment. Ce serait trop égoïste pour lutter contre mon destin. Je suis un des maillons d'une chaîne qui ne doit jamais s'interrompre. La continuité d'une longue lignée de représentants du Vietnam.




  Pourtant, je ne veux pas oublier que j'ai été une enfant dont la vie était parfaitement ordinaire.


  Je ne peux pas oublier que je veux être comme tout le monde. Je ne veux pas être seulement « Vietnam », je veux aussi exister en tant que Luu Ly. Mais je ne peux pas. Je veux veiller sur mon peuple et assumer toutes les responsabilités que cela implique. Quitte à m’écraser sous le poids de mon avenir et d'incarner pleinement ma nation.




  C'est le meilleur choix que je puisse faire.


  Mais, je me sens seule.




  Ce n'est pas totalement vrai. Je ne suis pas seule, mais c'est l'impression que j'ai. 




Je suis entourée mais je ne peux pas m'empêcher de ressentir un fort sentiment de solitude. Parce que je ne peux faire confiance à personne. 


De plus, je ne sais pas m'y prendre avec les autres représentants qui ne sont pas de mon aile. Et puis, de toute manière, une nation – ou future nation – ne doit chérir que son peuple. Elle doit soutenir ses alliés. Mais au final, elle n'a ni véritable famille, ni véritable amour, pas vrai ?




  Ce n'est peut-être pas totalement vrai, mais c'est l'impression que j'ai.


  C'est mon choix. Ne pas aimer.




  Aimer me rend faible. 


  Aimer m'arrache ma liberté.




  Je veux être libre. Indépendante.


  Je veux pouvoir porter seule le poids de ma nation sur mes épaules.


  Je veux devenir forte. 




  Alors, pour pouvoir consacrer toute ma vie à ma nation, je ne dois pas aimer. 


  Je ne dois pas aimer pour ne pas blesser ceux qui s'attacheraient à moi. 


  Pour ne pas être séparée de ceux auquel je m'attacherais.




  Et pourtant, avec certaines personnes de l'académie, je me sens enfin vivante.


  Comme s'ils éveillaient la petite Luu Ly qui dort quelque part dans mon cœur et que je n'ose réveiller.


  Comme si je pouvais vivre pour moi-même. 





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MessageSujet: Re: Carnet d'une future nation   Mar 30 Sep - 13:35

 














•30 Septembre 2014 •


La rentrée marque un nouveau commencement.
Depuis que les cours ont recommencé, l'académie semble animée d'un nouveau souffle.
Et bien que je suis toujours entourée des mêmes personnes, j'ai quelques difficulté à aller vers elles.

Malgré tout, j'essaye de m'adapter lorsque quelqu'un fait le premier pas.

L'autre jour, Danemark m'a aidée à fabriquer de petites marionnettes en papier. Elles ressemblaient aux marionnettes sur l'eau du théâtre traditionnel. Comme je ne savais pas quoi lui dire, je le laissais faire la conversation. Il inventait des histoires de roi du Nord et de sirènes et moi, je l'écoutais, en donnant vie aux protagonistes de son récit.

Finlande m'a permise de l'appeler par son prénom. Je n'arrive pas à m'y résoudre mais son nom de famille est vraiment imprononçable...

Le futur représentant de l'Écosse a traversé une période difficile. Un soir, il m'a dit que les autres ne faisaient pas attention à ce qu'il ressentait. J'ai cherché à lui faire comprendre qu'il devait se changer les idées, et je lui ai offert un café. Je ne pouvais rien d'autre, je n'avais pas les mots pour le rassurer.
Plus tard, par un étrange malentendu, il s'est retrouvé à me proposer de l'accompagner au pub. Même si nous tolérons que les jeunes femmes – en particulier les occidentales – sortent, il est plus dur de faire accepter aux familles les plus conservatoires de mon pays, de laisser sortir leurs filles. Surtout à mon âge. J'ai refusé.
Le lendemain, c'est son frère qui est venu me voir tandis que je discutais avec Rajan. C'était la première fois qu'il m'adressait la parole. C'est le prochain représentant du Pays de Galles. Sa venue m'a surprise mais il m'a faite comprendre que mon refus avait blessé Écosse. Je n'ai pas eu le temps d'aller voir ce dernier : le Pays de Galles s'est jeté sur Rajan pour le frapper. Rajan l'avait traité de « Province anglaise » car il trouvait irrespectueux qu'il nous interrompt dans notre conversation. La représentante de l'Afrique du Sud, Monaco et Écosse ont pu les arrêter cependant, ce qui venait de se passer a laissé un froid entre Rajan et moi. Je ne l'ai pas défendu comme j'aurais dû le faire, comme une amie aurait dû le faire.

« En entrant dans une famille, il faut en adopter les coutumes, en naviguant sur un fleuve, il faut en suivre les méandres. »

C'est ce que j'ai pensé lorsque nous avons reparlé du pub avec Écosse. Alors, j'ai accepté de les accompagner. Même si je sais que cela ne plaît pas à Rajan. Je suis un peu anxieuse à l'idée de me retrouver avec les deux frères et leurs amis, je ferais des efforts pour que tout se passe bien.

La fin de semaine est arrivée et le conflit entre le représentant du Pays de Galles et Rajan est parvenu jusqu'à Ayunda. À son tour, elle s'est disputée avec Rajan. Depuis, ça ne s'est pas arrangé entre les deux. C'est de pire en pire.
De mon côté, j'essaye de soutenir les deux mais ils ne semblent pas aptes à entendre ce que j'aimerais leur dire.





 


Depuis hier, j'ai la sensation d'avoir perdu quelque chose qui m'est cher.
Je sais ce que je perds, je ne suis pas sûre de ce que je gagne…
Les mots de Nguyen Trai illustrent bien mes pensées...


 


Le soir, en flânant
Je contemple le monde, l'instant d'un vol d'oiseau.
Ces monts, grands ou petits, les nuages les mesures,
Ces arbres, souples ou droits, le vent les a jaugés.
Mille automnes ont passé, l'eau garde son visage.
Mille générations ont contemplé la lune, pareille à elle-même.
On connaît toute chose,
Seul le cœur humain reste insondable.




Dernière édition par Vietnam / Dao ti Luu Ly le Dim 9 Nov - 17:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Carnet d'une future nation   Dim 19 Oct - 21:14


























•19 Octobre 2014  •
Ici, nous sommes coupés du monde.
Protégés des conflits extérieurs.
Et seuls quelques échos nous parviennent.
27.IX.2014 – Pham Binh Minh, 69e assemblée générale de l'ONU: « Toutes les nations doivent renoncer au recours à la force dans les relations internationales et accélérer le règlement des différends par les mesures pacifiques. »
Pourtant, même au sein d'une école, le pacifisme est limité...
Si nous ne pouvons pas garder la paix dans cette académie, comment pouvons-nous protéger la prospérité du monde... ?
Hier, Nguyên Tân Dung, le Premier Ministre s'est rendu au Vatican.
« Pour changer le monde, il faut faire du bien à celui qui n'est pas en mesure de le rendre. » Tels sont les mots du Pape. Peut-être a-t-il raison.
Le représentant de la Turquie m'a offert un bracelet pour chasser les mauvais esprits.
Avec Yong Soo, nous voulons organiser une fête pour son anniversaire qui aura lieu le 29.
Plus que jamais, il a besoin de soutien.
Samedi soir, nous avons regardé les étoiles, Yong Soo m'a appris qu'il fallait répéter trois fois un souhait en silence avant que ne disparaisse une étoile filante pour que le vœu se réalise.
Je n'ai pas vu d'étoile filante.
Et je ne pense pas que mon vœu puisse se réaliser.
Il faut rester réaliste, avoir les pieds sur terre.
Ce n'est pas une étoile qui changera le cours du monde.
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MessageSujet: Re: Carnet d'une future nation   Dim 9 Nov - 18:39

Une feuille format A4 est pliée en 3 et glissée dans le carnet. Elle y demeure quelques temps avant d'être expédiée.


26.10.2014. États-Uni d'Amérique.
Dao Luu Ly

Madame,

Je vous prie d'accepter mes sincères remerciements pour la robe que vous avez faite venir de votre pays jusqu'à l'académie pour la soirée Halloween.
Je me suis permise de vous écrire à votre adresse personnelle et j'espère que vous excuserez mon initiative.

Ci-joint, je vous envoie quelques graines de Lotus que vous pourrez exploiter comme vous le désirez. Ce modeste présent est bien maigre comparé au vôtre mais mon père œuvre pour vous faire parvenir un cadeau plus particulier en guise de remerciement.

Je souhaitais également dissiper un malentendu. Je ne pouvais me permettre de laisser passer une confusion aussi importante au sujet de la relation que j'entretiens avec votre fils. Nous sommes de bons amis et aucun de nous deux ne possède de sentiments amoureux l'un envers l'autre.

J'imagine – pardonnez-moi si je me trompe – que tout comme beaucoup de parents, vous vous inquiétez au sujet des fréquentations de votre enfant. Je peux vous assurer que vous rencontrerez un jour la belle-fille idéale et qu'elle vous plaira. Soyez certaine que vous pouvez le croire lorsqu'il affirme que nous sommes amis.

Comprenez que cette amitié ne manque pas de valeur à mes yeux et que si je m'exprime avec franchise, c'est au nom de ce lien auquel je ne suis pas indifférente.
Vous savez, il me parle souvent de vous et j'espère que mes propos et l'audace dont je fais preuve en vous écrivant, ne vous offusquera pas. Cela n'est pas mon objectif et si par malheureux, je vous ai blessé, je vous présente mes excuses.

Cordialement,
Avec l'affection d'une nièce pour sa tante,

Luu Ly.


 



• 09.11.2014•

J'essaye de faire de mon mieux pour bien m'entendre avec tout le monde.

J'ai accepté l'invitation de V. et avec ses amis, nous sommes allés au sauna. La chaleur était agréable. Cette humidité tiède caractéristique me manque. Je suis peut-être restée un peu trop longtemps mais je ne regrette pas.

Je ne me souviens pas d'avoir également accepté de me rendre avec eux à la patinoire mais V. et Khøler ont tellement insisté que je n'ai pas eu le cœur à leur avouer que je n'étais pas prévenue de cette nouvelle sortie. Je ne sais pas patiner. Je ne veux pas être un fardeau. Je ferai des efforts pour me débrouiller seule : ainsi ils pourront profiter davantage.

L'anniversaire de Sadiq s'est bien passé.
J'espère que la soirée surprise que nous avions organisé lui a plu.

Halloween n'était pas une soirée désagréable non plus.

Et puis, il y a eu aussi la soirée du 28. Quelques jours avant. Je venais à peine de poster ma lettre…
Hongrie m'a prêtée une robe.
Et je l'ai portée. Pour respecter mes engagements.
Un peu pour lui faire plaisir.
Mais tout a dérapé.
J'ai perdu mon sang froid. Mon comportement m'a faite honte.
J'ai stupidement perdu mes moyens.
Nous sommes différents. Il pense que je réfléchis trop.

Il y a quelques jours, nous avons essayé de parler. Je ne sais jamais si nos conversations nous mènent quelque part. Il est inquiet. Je n'arrive jamais à dissiper ses doutes. Il a toujours l'impression que je ne « veux plus » de lui. Je n'ai pourtant pas l'impression que mon comportement envers lui soit déplorable.
En vérité, peut-être qu'il n'a pas tellement confiance en lui.
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