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 L'art fourbe des filets à crevettes ♥ [Vietnam]

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MessageSujet: L'art fourbe des filets à crevettes ♥ [Vietnam]   Dim 4 Jan - 17:37

S'il y a bien une chose en ce bas monde que Chine ne comprend pas, c'est le besoin de bousculer l'ordre des choses. Non, vraiment, ça le dépasse. Pourquoi, en vertu de quoi et au nom de quelle logique vouloir à toute force changer des choses qui vont fort bien depuis des années ? Hein ?

Tout allait très bien jusqu'à peu, après tout. C'était réglé comme du papier à musique. Le matin, il les réveillait. Et la journée commençait. Courir après Corée du Sud pour l'obliger à rentrer sa chemise dans son pantalon. Rectifier le col de Japon. Natter les cheveux de Corée du Nord. Brosser ceux de Vietnam. Expliquer pour la cinquantième fois à Kazakhstan qu'on ne va pas en cours avec des bottes d'équitation. Vérifier le contenu du sac de Hong Kong pour trier crayons et pétards. Mettre des rubans à Taiwan. Emmener tout ce petit monde déjeuner. Regarder tout ce petit monde se disperser pour les cours de la journée. Organiser gouter et devoirs tous ensemble dans la salle de l'aile asiatique. Essayer de calmer le bordel qui en résulte en priant pour qu'Empire Mongol ne fasse pas irruption pile au moment où Taiwan hurle parce que Corée du Sud tire sur sa jupe pendant que Japon laisse échapper le manga douteux camouflé dans son livre d'Histoire pile sur les pieds de Vietnam et que Kazakhstan décide que c'est un bon moment pour tremper la natte de Corée du Nord dans la théière. Réussir à finir les devoirs. Se rendre au dîner. Rentrer au dortoir sans en perdre un ou deux en chemin. Essayer de les calmer. Les faire défiler à la salle de bains. Eponger le sol de la salle de bains transformé en pataugeoire. Faire enfiler les pyjamas. Brosser les cheveux. Raconter une histoire. Non, pas une deuxième, parce qu'il est tard et Empire Mongol va.. Bon d'accord mais seulement une deuxième aru. Raconter au final trois histoires parce qu'on est faible. Passer vérifier que tout le monde est dans son lit. Pousser le vice jusqu'à disposer les petits vêtements pour le lendemain au pied de chaque lit. Et finir la journée mort de fatigue mais tellement heureux, en relisant ses cours assis sur son lit.

Si mignons, si mignons, tous !! Chine se mourait intérieurement quand ils levaient les yeux vers lui pour obtenir quelque chose... qu'ils obtenaient systématiquement, de toute façon, puisqu'il n'avait jamais su leur refuser quoi que ce soit.


Mais depuis quelques temps... Il se rendait bien compte que les choses avaient changé. Les filles brossaient leurs cheveux elles-mêmes, et elle ne voulaient plus de petites barrettes roses si mignonnes. Les coréens ne levaient plus la tête vers lui pour lui parler depuis qu'ils le dépassaient en taille. L'aile était moins bruyante. Souvent, Chine attendait en vain, assis tout seul à la table des devoirs avec sa pauvre assiette de gateaux et sa théière pleine, tandis qu'ils allaient tous étudier avec des amis, étudier à la bibliothèque en solo.... ou pas étudier du tout. Le soir, quand arrivait le petit rituel du coucher, il en manquait souvent deux ou trois.
Bon, d'accord, ils avaient grandi.
Soit.
Mais c'est pas une raison valable pour chambouler les choses, n'est ce pas ? Non.

Oh bien sur, en les voyant devenir si INDIVIDUALISTES, SALES PETITS INGRATS autonomes, Chine s'était dit que bien, il avait un peu plus de temps pour lui, maintenant..... Sauf que voilà, réflexion faite.... Sa petite routine était bien ancrée, et Chine n'aimait pas trop qu'on bouscule ses habitudes.



De fait, cet après-midi là, il était décidé à ne rien laisser passer. C'était l'heure de la fin des cours pour certains. Il avait préparé son coup depuis la veille, et n'avait mis que quelques instants à mettre le piège en place. La table dans la salle de l'aile asiatique était dressée et prête à happer sa proie. Une grosse théière de thé parfumé. Une assiette de petits biscuits en forme d'animaux. Une poignée de stylos au centre : des bleus pour ses petits dragons, des roses pour ses petites fleurs. Oui, Chine, en plus de garder toute l'aile asiatique bloqué à approximativement dix ans et demi, il est pas trop aventureux sur les chemins de l'originalité. Et assis patiemment à la table, les yeux plissés - chut. - il fixait la porte, prêt à bondir sur le premier qui aurait le malheur d'entrer dans l'aile. La loterie était lancée.


A l'instant où la porte s'ouvrit, il sauta de sa chaise. L'attaque fut soudaine, une frappe chirurgicale. Les forces chinoises déferlèrent avec une précision tranchante sur la proie sans lui laisser la moindre chance de fuite. La proie ?


"Vietnam aru ! Quelle bonne surprise ! Je suis enchanté que tu sois rentrée directement après ton dernier cours qui a pris fin il y a précisément huit minutes aru - tu as traîné en chemin, non ?Et de poser une main, pardon, une manche, sur l'épaule de la jeune fille, aussi cordiale que ferme, pour l'entraîner vers la table des suppli... des devoirs, en ajoutant d'un ton réjoui.  "On va pouvoir travailler un peu aru, c'est merveilleux."


Merveilleux aru Razz
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MessageSujet: Re: L'art fourbe des filets à crevettes ♥ [Vietnam]   Jeu 8 Jan - 18:46


Absorbée par la routine, Vietnam ne se rendait plus compte du temps qui défilait.
Lentement mais sûrement.

Le trajet qui séparait le bâtiment principal de l'aile asiatique lui était si familier que la jeune fille le faisait automatiquement, sans réfléchir. C'était une de ces journées ennuyantes anodines et banales où elle désirait être tranquille. Seule. Elle ne rejettait pas la compagnie des autres – jamais – pourtant, un peu temps pour soi n'était jamais du temps perdu. Et comme elle savait que l'aile serait sans doute déserte à cette heure-ci, elle avait décidé de s'y rendre au plus vite. Sur le chemin, elle avait imaginé de quelle manière elle occuperait son temps et arrivée devant la grande et majestueuse porte, elle s'était déjà faite une idée précise. Après avoir terminé ses devoirs, elle pourrait parcourir ses livres de cuisine ou fabriquer une nouvelle marionnette en bois pour sa collection. Mais au final, peu importe l'activité, si celle-ci lui permettait de jouir du calme qu'elle recherchait, cela lui suffisait.

Lorsqu'elle ouvrit la porte, la délicieuse odeur de thé réveilla ses sens engourdis par le froid hivernal. La chaleur de l'intérieur l'attirait comme un papillon de nuit ébloui par la lumière. Les douces fragrances, la douceur du foyer ; ces modestes détails illuminaient ce quotidien si terne. Le retour à la maison devait être le meilleur moment de la journée. Enfin, elle se trouvait libre, libre d'agir comme bon lui semblait, libre de respecter ses envies. L'aile était rassurante. Et malgré l'agitation qui y régnait parfois, Liên s'y sentait véritablement chez elle.

« Vietnam aru ! Quelle bonne surprise !»

Les yeux bruns de l'étudiante se posèrent sur la personne qui l'avait interpellée, profitant ainsi de la « bonne surprise » du hasard de faire croiser son chemin avec celui de Chine. Il était là. Débout, près d'elle, sans qu'elle ne sache comment il était arrivé là. Une main emmanchée posée sur son épaule, un sourire aux lèvres. Le redoutable Chine, connu par les services vietnamiens sous le nom d'envahisseur suspect numéro 1   de Wang Yao ou  d'ennemi héréditaire détenant le titre de voleur d'îles   impos-… choisi comme frère aîné de cœur pour les jeunes camarades asiatiques.

Bonne pioche. Bonne surprise.

« Je suis enchanté que tu sois rentrée directement après ton dernier cours qui a pris fin il y a précisément huit minutes aru - tu as traîné en chemin, non ? »

Le représentant de la Chine paraissait heureux mais elle ne put s'empêcher de ressentir une certaine tension dans l'atmosphère comme si toute l'aile s'assombrissait quelques instants. Elle n'eût pas d'autre possibilité que celle d'être guidée jusqu'à la table de la salle commune. L'énorme théière désuète en raison de son format « familial » - chacun se débrouillait pour se préparer un thé. Des gâteaux ridicules et enfantins. Quelques stylos colorés. Toutes ces choses que personne n'utilisait plus étaient ressortis, attendant patiemment sur la table que quelqu'un se sacrifie pour les ranger de nouveau à leur place.

« On va pouvoir travailler un peu aru, c'est merveilleux. »


Merveilleux ? De travailler en équipe pour ranger ce désordre, c'est ça ?

La Vietnamienne fronça les sourcils et attrapa un stylo bleu, se dégageant de l'emprise chinoise. Plus jeune, elle avait désiré ce stylo bleu. Les deux frères coréens, qui étaient dans sa classe, avaient toujours utilisé les bleus, tandis qu'elle, devait se servir d'un rose. Elle n'avait pas compris pourquoi. Ce fut l'arrivée de Taïwan qui l'éclaira lorsqu'elle comprit que les filles et les garçons avaient le droit à des couleurs différentes.

Elle se souvenait de cette période où, assis les uns à côtés des autres, les jeunes asiatiques effectuaient leurs devoirs dans un frémissement permanent rempli de cris et de rires. Ce fût dans ce  fouillis que Liên apprit à rester calme face à l'imprévu.

Était-ce la nostalgie qui avait réveillé tous ses souvenirs ou la simple farce d'un de ses camarades qui s'était amusé à dresser cette table ?

Elle reposa le stylo et se tourna vers Chine qui rayonnait de joie.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? »

Et sans attendre la réponse, elle avait déposé son sac sur une chaise pour ramasser les pots remplis de crayons. En vérité, peu lui importait que ce soit un piège dissimulant des pétards de Hong Kong ou la nouvelle lubie de Taïwan ou encore un pari entre Kazakhstan et Corée du Nord. Dans tous les cas, il fallait ranger. (Et peut-être boire ce délicieux thé tout en mangeant ses migno-… drôles de petits gâteaux. Enfin, ce genre de pensées, la Vietnamienne les garderait secrètement enfermées au fond de son esprit. Esprit qu'il ne serait pas aisé de comprendre sauf si Chine lisait dans les siennes mais heureusement, ceux qui lisent dans les esprits n'existent pas – n'est-ce pas, Chine ? Tu ne lis pas dans les pensées des autres, hein ?)

Bien sûr, remettre quelques crayons à leur place ce n'était pas grand-chose mais si Chine ne l'avait pas fait, il y avait une raison. S'il demandait à Vietnam de le faire, ce n'était pas par pur hasard. Il attendait peut-être quelqu'un pour faire un peu de ménage ? Certes, elle avait des devoirs scolaires, toutefois, elle en avait également envers l'aile et le groupe asiatique. De plus, respecter ses aînés, en l’occurrence Yao, était une chose à laquelle elle tenait beaucoup.
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MessageSujet: Re: L'art fourbe des filets à crevettes ♥ [Vietnam]   Lun 19 Jan - 15:36

Lire dans les pensées est une des activités favorites de Chine, située juste entre la cuisine de masse en vue de gavage rituel d'une poignée de victimes privilégiées, et sa collection honteuse de goodies à tête de chat blanc.
Et il est doué, en plus. Dans l'instant, par exemple, il lisait clairement dans l'esprit vietnamien toute l'émotion qu'elle avait à retrouver la bonne vieille table du goûter studieux, et alors qu'elle contemplait le stylo bleu, il savait très bien qu'elle songeait amèrement que ce serait encore mieux s'ils étaient tous ensemble pour reprendre ces anciennes et merveilleuses habitudes.

Oui, Chine lit dans les pensées. Le petit couac, mais ce n'est évidemment qu'un détail, c'est qu'il y lit ce qu'il a envie d'y lire.
Autant dire qu'avec ces convictions, la réaction de Vietnam altéra de beaucoup son radieux sourire, et une vague de perplexité menaça un instant de le submerger.


"... Qu'est ce que tu veux dire aru ? C'est la table des devoirs, bien sur."


Il observa la table, piqué d'incompréhension. Quel était le souci ? Tout était là. La table était dressée exactement telle qu'elle l'avait toujours été. Bon. Ce devait être le contrecoup de la surprise émotionnée. Ok, ça n'était pas flagrant, vu comme ça. Maiiiis après tout, Vietnam était une jeune fille aux traits peu expressifs, lointaine et impassible qui la dotaient d'une délicate aura d'inaccessibilité, comme les jeunes dames nobles qui avaient peuplé la Chine des anciennes dynasties. Vietnam ne jetait pas ses émotions à tout vent, ce qui était bien pratique, parce du coup, Chine pouvait présentement lui prêter celles qui lui chantaient, bien que... C'est vrai qu'il appréciait la vitalité d'une Anara ou d'un Yong Soo - bien qu'il déplorât de temps en temps qu'il n'y aie pas de bouton 'pause' sur ce dernier, mais il appréciait également la réserve d'une Liên ou d'un Hyung Soo. Plus exactement, comment définir la vietnamienne selon Chine.... Eh bien. Là où Taïwan était la fleur de lotus lumineuse, rayonnante et vive qui jaillit à la vie d'un seul élan, Vietnam était la fleur de pivoine qui, pérenne dans sa beauté impériale, irradie de dignité et d'honneur.

Et les fleurs, ça prend des stylos ROSES.

Non, Chine ne perd pas le nord. Jamais.


Ainsi, il posa devant elle un stylo ROSE et d'une main manche ferme sur la frêle épaule, l'incita à s'asseoir sur une chaise. Sitôt fait, il s'empressa de lui servir une tasse de thé parce que tu comprends, avec ses petits bras mignonnets tout fins, elle ne pourra pas soulever la grosse théière - genre Chine a des bras de culturiste - et il ne faudrait pas qu'elle en reverse le contenu sur elle et ne se brûle - encore qu'il avait tout un tas de baumes plus pestilentiels les uns que les autres mais redoutablement efficaces, n'en déplaise aux incrédules et aux chochottes du nez.


"Regarde Vietnam aru ♥ C'est la tasse que tu utilisais avant, avec les jolis petits poissons peints dessus. J'ai gardé toutes vos petites tasses aru ! Celle des coréens avec les dragons, celle de Kazakhstan avec le panda, celle de Taïwan avec les papillons, celle.... Oh ! Mange vite tes biscuits aru. On fera les devoirs après. Qu'est ce que tu as à étudier, aujourd hui ? J'ai ton emploi du temps quelque part par là. Tu as eu des notes aru ?"


Ayé. La DeLorean mentale a démarré. Chine pour ce qui est des 'petits' asiatiques, il a pas besoin de HARP pour retourner dans le passé. Il est resté bloqué à leur première année.
Quant aux petites tasses.... Oh oui, qu'il les a gardées. Il garde tout, il est dépositaire d'une montagne de bric à brac absolument terrifiant bien conservé dans une grosse boîte sous son lit, et qui recèle assez de choses relatives aux jeunes années de ses petits pandas pour faire mourir d'embarras toute l'aile asiatique si le contenu venait à être dévoilé aux yeux de la population de l'Académie. La seule sécurité, c'est la fermeté avec laquelle il garde jalousement tous ces précieux souvenirs.
Heureusement qu'on ne débutait pas la scolarité à l'académie à l'âge de la maternelle : il aurait été très capable de conserver les petits bavoirs et les canards de bain qui font pouic.

Il tira de son propre sac une liasse d'emplois du temps, et feuilleta jusqu'à trouver celui de Vietnam, en espérant qu'elle n'aie pas de Politique à étudier. C'était la bête noire de Yao depuis toujours, ça. Il avait beau essayer, étrangement ça ne passait pas. De fait, incapable d'avouer des difficultés dans une matière, il passait avec superbe sous un silence de plomb toute allusion à cet enseignement-là.
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MessageSujet: Re: L'art fourbe des filets à crevettes ♥ [Vietnam]   Mer 21 Jan - 22:49


Chine était là, près d'elle.


Devant la table des devoirs. Où étaient passés ces droits maintenant qu'elle avait été assise ( de force ) sur la chaise ? Elle ne pouvait ni protester, ni reculer. Le thé fumant. Le stylo rose posé devant elle...


« Regarde Vietnam aru ♥ C'est la tasse que tu utilisais avant, avec les jolis petits poissons peints dessus. J'ai gardé toutes vos petites tasses aru ! Celle des coréens avec les dragons, celle de Kazakhstan avec le panda, celle de Taïwan avec les papillons, celle.... Oh ! Mange vite tes biscuits aru. On fera les devoirs après. »



Sa tasse. Tant de souvenirs. Mais, n'était-elle pas un peu petite maintenant pour satisfaire sa soif ?


« Qu'est ce que tu as à étudier, aujourd’hui ? J'ai ton emploi du temps quelque part par là. Tu as eu des notes aru ? »


Elle secoua négativement la tête en levant les yeux vers le Chinois.


Yao. Il avait été grand, il avait été beau, il avait été gentil.
Liên aurait pu le suivre les yeux fermé jusqu’à l'Occident, travers les plaintes, escalader les montagnes et boire les océans pour avoir sa reconnaissance. Elle aurait pu, à une époque.
Dans un autre temps. Un temps qui n'existait plus, sauf peut-être dans un autre monde, dans une autre vie. Maintenant qu'elle s'était détachée de l'influence chinoise, de cette domination. Elle s'était écartée de son modèle et elle s'enorgueillait. À présent les centimètres qui les séparaient s'étaient considérablement réduits, sa beauté s'était fanée aux yeux de la jeune fille ( elle avait surtout commencé à voir d'autres beautés s'épanouir venant d'horizons différents ) et sa gentillesse….
Quelle gentillesse ?

Chine était trop gentil et trop aimant envers les membres de l'aile pour leur vouloir le moindre mal. Elle en avait toujours eu conscience, il résidait là une certaine faiblesse de sa part ...

Pourtant, qui serait assez cruel pour ne pas faire un effort devant tant de gentillesse ?

Certes, Chine était aveugle, il ne semblait pas avoir remarqué à quel point elle avait grandi, toutefois, n'était-ce pas attendrissant… ? En saisissant mécaniquement le stylo rose, Liên comprit enfin la situation. D'ordinaire, elle aurait immédiatement saisis mais là, elle avait été légèrement déstabilisé par le simple aperçu de la table. Non, d'ailleurs, ce n'était pas seulement la table qui l'avait mise mal à l'aise, c'était le comportement de Yao. Cette impression de déjà vu. Comme si elle se retrouvait propulsée dans un rêve, retournant dans le passé.


Un amour fraternel si pur, si innocent.


Non. C'était ridicule. Liên ne pouvait pas être attendrie par le refus de Yao de voir grandir ses cadets. Eux qui étaient si fiers de porter les couleurs de leurs nations, ils ne devaient pas rester enfermés dans l'aile. Ils devaient voir le monde et s'y intégrer.
Cela s'appelait grandir.


Elle voulut se lever. Lui dire que tout cela était idiot : elle avait des devoirs à faire et le salon de l'aile à ranger !  Mais lorsqu'elle le regarda de nouveau, il était occupé à sortir son emploi du temps de son sac.
Yao avait leurs emplois du temps à tous, qui que se soit. N'était-ce pas une preuve de son attachement et de sa bienveillance ?



Grandir ne devait pas devenir synonyme d'ingratitude.

« Tu as raison... »


Liên était fille unique et Yao l'avait accepté dans la famille qu'il avait institué dans l'aile et malgré sa froideur apparente, elle ne trouvait pas désagréable d'avoir de la compagnie. Elle resta assise donc immobile, acceptant peu à peu l'idée de rester travailler dans la salle commune, n'ayant pas le cœur à refuser sa proposition et puis, cela restait du travail. Être dans la même pièce que Chine n'allait pas l'empêcher de revoir ses cours. Tant qu'il ne bougeait ou ne parlait pas trop…


« J'ai un commentaire à rendre... »


Cela faisait plusieurs jours qu'elle planchait dessus mais elle n’avançait pas et elle devait le rendre pour le lendemain. Elle entamait sa journée par trois heures de politique et ça, elle détestait.  


« En politique. » Elle marqua une pause et sortit d'un geste maîtrisé un classeur de son sac. « Et toi, qu'est-ce que tu vas faire ? »
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MessageSujet: Re: L'art fourbe des filets à crevettes ♥ [Vietnam]   Mer 11 Fév - 13:57

L'élan. Le bel élan spontané, volontaire, sparklant des petites paillettes de motivation, oh-Vietnam-fais-voir-tes-devoirs. Retombé comme un soufflé dans son four violé par le passage d'un coréen curieux. De la POLITIQUE.

Non, sérieusement. Chine avait beau essayer, c'était la fête quand il obtenait des résultats moyens. Au bout de quelques années, il avait fini par en rejeter la faute en bloc sur le manque de diversité globale du paysage politique de son pays. Toujours était-il que le pauvre Yao qui, tel un bon petit chinois, courait après les hauteurs de notes irréprochables, se ramassait lamentablement à la plupart des examens de Politique. S'il y avait une matière qu'il avait toujours soigneusement esquivée au niveau de l'aide qu'il voulait à toute force apporter aux petits pandas de l'aile asiatique... Brrrf.

Du coup, hein, forcément... La petite vietnamienne tout juste coincé dans ce guet apens surgi d'une autre époque...
Un soufflé.

Il ne se laissa pas démonter toutefois, et esquissa un joyeux sourire, en répondant.


"Oh, j'ai quelques cours à relire aru. Tu vois, je vais m'asseoir là à côté, et nous travaillerons côte à côte aru. Comme avant."


Avant. Oh, la belle époque ! La merveilleuse époque où l'aile asiatique grouillait de vie, de rires et de cris, où des petites jambes couraient dans tous les coins.... Ok, ça braillait toujours, pour ça on ne pouvait pas dire le contraire. Pas Vietnam, non. Mais même avec trois têtes de moins, Vietnam avait toujours été réservée et plus silencieuse que les autres. Longtemps, Chine avait cru à une timidité maladive, avant de simplement s'aperçevoir qu'elle était simplement empreinte de cette dignité et cette capacité d'observation souvent muette, trait de caractère qu'elle partageait avec l'aîné des coréens. Il avait fini par cesser de l'exhorter à s'exprimer, rassuré sur le fait qu'elle ne se murait pas dans un manque d'assurance... Ce qui ne voulait pas dire pour autant qu'il lui avait lâché la grappe sur tout. Oh, non, non.  Chine s'inquiétait. Chine s'inquiétait vraiment beaucoup, pour tout et n'importe quoi dès lors que cela concernait les autres membres de l'aile asiatique. Des cernes sous une paire d'yeux bridés, une quinte de toux fugace au milieu de la nuit, une baisse dans les notes, une fréquentation douteuse, une larmichette sur une joue, il voyait tout, et tout était sujet à inquiétude.

Il s'attela à remplir la petite tasse enfantine de Vietnam, et poussa vers elle l'assiette de biscuits, avec un regard insistant. Mange ! Bien entendu, à ses yeux, Vietnam ne mangeait pas assez. Aucun d'eux ne mangeait suffisamment à son appréciation, mais Vietnam tout particulièrement ne se nourrissait pas assez. Et sentencieusement, il ajouta.


"Mange. Tu as maigri aru."


La china-vision. Il les voyait tous trop maigres, et ça le rassurait, d'un certain côté. Depuis qu'ils se dispersaient et qu'il n'avait plus le contrôle absolu sur leurs assiettes et leurs collations, il les percevait malnutris. Une preuve de plus qu'il savait, LUI, de quoi ils avaient besoin, quand et comment. Pour être honnête, il faut bien avouer, d'un autre côté, que s'il avait continué à gérer leur apport en bouffe, de nos jours l'aile asiatique se serait ouverte, le matin, sur une armée de boules aux yeux en amande, roulant joyeusement vers leur salles de cours. Mais Chine était partisan acharné du "mieux vaut trop que pas assez". La modération ne faisait plus partie de son vocabulaire dès lors qu'elle s'aventurait sur le terrain sacré de la nourriture.

Alors Vietnam allait manger ses biscuits et boire son thé.

Et ensuite, il l'encouragerait pour son commentaire de politique en tâchant d'éviter d'avoir à l'aider directement - c'était déjà difficile à admettre, il n'allait pas en plus faire preuve aussi visiblement de son gros point faible. Et si elle avait autre chose à faire, il redoublerait d'efforts pour l'assister de son mieux. Le mieux, c'était ce qu'il voulait pour elle comme pour les autres, et malgré les inconvénients que son attention exacerbée provoquait chez les petits pays assoiffés d'indépendance, ça partait d'un bon sentiment. Ils étaient ses petits frères et soeurs, non seulement parce qu'il les avait pris sous son aile un par un, au fur et au mesure de leur arrivée, mais aussi parce que fondamentalement, ils étaient tous issus du giron de la Chine. Si, si. Si. SI aru !!!!!!!!

Il a le concept de fratrie sacrément chevillé au corps pour un type qui sort d'un pays où le deuxième enfant est payant.
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