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 Entre filles, on parle rubans et poupées de chiffon ▬ PV Kazakhstan [ Terminé ]

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MessageSujet: Entre filles, on parle rubans et poupées de chiffon ▬ PV Kazakhstan [ Terminé ]    Sam 17 Jan - 14:12


Dortoir des filles – Aile asiatique. Septembre 2008

Le grand jour approchait.

Liên allait effectuer sa deuxième rentrée scolaire à l'académie.
Après un ( trop) court séjour dans son pays natal, la jeune Vietnamienne était retournée fêter son onzième anniversaire avec ses camarades de l'aile asiatique. Celle-ci, sous la direction de Monsieur Gansükh, était principalement peuplée d'hommes virils d'étudiants de sexe masculin et la petite fille se fondait dans la masse. Réservée et plutôt silencieuse, elle préférait la solitude. En un an, Liên s'était habituée à la routine de l'académie, notamment grâce aux soins de Chine. Chine, il était agréable il était grand, il était beau, il était gentil. Il avait seulement seize ans et tout ce qu'il disait, Vietnam y croyait. ( Ça, c'était avant. )
Le matin, c'était lui qui les réveillait, les jumeaux Coréens et elle. La petite Vietnamienne le laissait même lui brosser les cheveux, il était si persuasifAprès s'être lavés et habillés, tout ce petit monde se rendait au petit-déjeuner puis le jeune Chinois les emmenait jusqu'à leur classe. Comme les trois avaient le même âge, il pouvait se permettre de les accompagner jusqu'à leur salle avant de partir de son côté. Le soir, ils entraient tous ensemble, racontant leur journée – ou écoutant les plus bavards raconter la leur – Chine les aidait pour leurs devoirs. Une fois libre, la petite allait vagabonder dans le parc, se rendant dans la serre pour admirer les fleurs ou essayant d'attraper un des chats sauvages qui vivaient dans l'académie. Le soir était plus calme et lorsqu'ils étaient sages, Yao leur lisait des histoires avant qu'ils ne s'endorment. Le train de vie était doux, simple, paisible.

Liên était prête pour une seconde rentrée. Un cartable neuf, de beaux uniformes. De retour du Vietnam, elle avait même acheté des friandises pour les jumeaux et une jolie tortue en bois pour Chine. Ce fut lorsqu'elle le lui offrit qu'il lui annonça la nouvelle. Le dortoir des filles de l'aile allait accueillir non pas une, mais deux nouvelles membres. Deux filles de pays différents. Et l'une d'elle arriverait un peu avant la rentrée. Elle arrivait le jour même. Là, maintenant. Tu sens la panique monter dans l'esprit de la petite Vietnamienne ?Liên n'était pas prête psychologiquement. Et qu'est-ce qu’elle devait faire ? Était-ce à elle de s'occuper de la nouvelle comme Chine le faisait pour elle ? Elle ? Mademoiselle je-suis-timide, championne du jeu « Le roi du silence », couronnée « Souveraine de l'introversion » et premier prix de l'inconfort en public ? Oui, elle, Chung Liên, la doyenne, à onze ans, du dortoir des filles. En tant que plus ancienne membre, c'était à elle d'intervenir pour que l'année de la petite nouvelle se passe bien.Et même le sourire de Yao, accompagné d'encouragements ne la calma pas. Elle ne pouvait pas rester tranquille. L'idée que le dortoir se remplirait ne lui avait jamais traversé l'esprit, elle s'était imaginée rester là, avec les jumeaux, vivant dans le routine de Chine.

Retour à la réalité, idiote.

Après tout, la  prochaine représentante du Vietnam était là pour apprendre ses futures fonctions de Nation. Elle entendait parler d'intégration des Pays de l'Asie du Sud-Est, de Mondialisation et de Diplomatie et Coopération. Elle devait faire honneur à son pays et accepter la nouvelle venue en respectant les traditions de celle-ci.

Kazakhstan.

C'était où, ça ?

Dès que Yao repartit vaquer à ses occupations, la fillette se rua dans sa chambre pour sortir un atlas.


Indépendance en 1991 de l'Union Soviétique.



Oh. Espérons que la nouvelle sera une petite communiste tranquille et disciplinée.

Et tandis qu'elle lisait le petit paragraphe qui accompagnait la carte du Kazakhstan, un bruit attira son attention puis, la cloison qui séparait sa chambrette de celle mitoyenne trembla légèrement, secoua un peu son bureau. Son ballon de football qui était en équilibre sur une pile de livres tomba, se qui la contraria légèrement. Les jumeaux devaient encore se battre ou s'amuser à jeter des objets dans le dortoir des filles pour voir lequel d'entre eux lançaient le plus loin.Elle sortit de la pièce, attrapant le ballon au passage, et celui-ci sous le bras, elle lança de sa petite voix fluette mais teintée d'insatisfaction.

« Pourriez-vous faire plus attent-……. »

Ce n'était pas les jumeaux. À la place des Coréens se trouvait une fille qui devait mesurer la même taille.

Une fille.


« B-Bonjour, je suis Chung Liên, bredouilla-t-elle avant de se reprendre. « Je...je veux dire « Vietnam »...Tu es… Kazakhstan ? »


Dernière édition par Vietnam / Liên Chung le Sam 21 Fév - 7:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Entre filles, on parle rubans et poupées de chiffon ▬ PV Kazakhstan [ Terminé ]    Lun 19 Jan - 13:48

30 kilos de méfiance et de petite sauvageonne. Voilà ce qui venait d’atterrir dans cette petite île aux larges des côtes new-yorkaises. Elle avait humé l'air salé, regardé tout autour pour voir des terres qui finissaient et aperçu des buildings qui couvrait le ciel.

Almaty et Astana étaient bien loin maintenant.

C'était beurk. Rien de convenable dans cette école. Des grilles!!! Des grilles tout autour! Comment on faisant si on voulait courir dans les champs ou prendre son cheval et gambader dans le vent? Et on taillait l'herbe et les arbres. Drôle d'idées. Elle n'avait vu ça que dans la nouvelle capitale et son président avait de drôles d'idées aussi même si on avait pas le droit d'en parler. "Les murs ont des oreilles Anara."

C'est grognon qu'elle suivit le responsable et avec des yeux un peu effrayés qu'elle courut derrière le professeur Mongol qui lui attribua sa chambre. De lui elle ne voyait que les longs cheveux et elle s'obligeait à marcher très vite, ses pas bien plus petits contre la silhouette élancée du mongol. Il semblait comprendre le russe en lui lançant un regard noir tandis qu'elle étouffait un juron en regardant l'aile asiatique. Elle voulait aller dans l'autre aile. Ils parlaient russe eux! Elle ne comprenait rien à l'anglais et encore moins au chinois.

" Нет, я не хочу. Я хотел бы вернуться в Казахстан!" (1) fit-elle en croisant les bras et en faisant marche arrière d'un air déterminé. C'était sans compter sans l'autorité naturelle de Mongol qui la ramena -plus ou moins beaucoup de force- dans sa chambre.

Tu t'y feras avait-il dit.

Niet.

Niet.

Jamais.

Elle n'aimait pas l'anglais. Y'avait pas de chevaux et ses parents lui manquait. Kirill, son petit frère, n'était pas là et elle se roula en boule dans le lit. Toute habillée et les cheveux noirs emmêlés. C'était n'importe quoi! Une punition surement parce qu'elle avait mangé tout le miel réservé au voisin Ibrahim >< !
Mais elle n'allait pas rester ici hein. Oh non. Elle allait être vilaine et comme ça on lui dirait de repartir!! De toute façon ses parents n'avaient pas été trop contents de la voir partir. Il avait fallu que l'administration les rassure énormément avant de laisser la petite de 10ans quitter le sol kazakhe.
La petite Anara sauta souplement à terre et regarda tout autour d'un air bougon. C'était mignon, dépersonnalisé à souhait et rudimentaire. Y'avait de quoi faire quelque chose en réalité. Son regard scanna. Son drapeau là, la photo de sa famille ici, ses manuels, le peu de vetements dans l'armoire, le nécessaire pour la danse et...

Elle fronça le nez en serrant les poings. Non, elle ne resterait pas! Même si elle était là pour être une super-héroine pour son pays! D'abord on avait des supers pommes au Kazakhstan et des chevaux qui allaient tellement vite qu'il pouvait voler! Pas besoin d'elle >< ! Elle prit quelques vêtements et les jeta sur le mur en hurlant.

" Аллах знает: Я не будет оставаться здесь! Я оставлю! Как только я лошади, я снова!" (2)

Les yeux s'embuèrent et elle jeta une trousse aussi aussi fort que ses maigres bras le lui permettaient.

« Pourriez-vous faire plus attent-……. »

Anara tourna un regard embuée de larmes qui se refusaient de couler. Le bout du nez rouge de rage et le corps tendu et nerveux comme un arc. Elle devait avoir l'air d'un petit hérisson froissé à l'heure actuelle et elle lança un regard perçant. La fille devant elle était asiatique, fine, calme mais elle parlait anglais.

" Niet! Pas désirr attention! Toi attention!"

L'accent kazakh avait la particularité de prendre et du russe et du turque. Les R se roulaient, les H avaient une teinte gutturale. C'était une cascade à écouter et Anara se mit face à Vietnam, une attitude aux aguets sur tout le corps. Méfiante. Elle était Kazakhstan mais elle était Anara aussi. Peut-être que c'était mieux Kazakhstan. Tout les super-héros avaient des noms d'emprunts.

" Da. Kazakhstan!" elle tapota sa poitrine enfantine et cilla en regardant Lien une moue sur le visage. Elle n'avait pas l'air méchante. "Почему ты не говоритe по-русски ?(3)..." elle eut un soupir et chercha ses mots. " Toi ici longtemps? beaucoup?"

Le plus dur ça allait de se faire comprendre. Pas étonnant que la première année était consacrée aux langues.


(1) Non je ne veux pas. Je veux retourner au Kazakhstan!
(2) Dieu sait: je ne resterais pas là. Je m'en irai dés que j'aurais trouvé un cheval!
(3) Ah pourquoi ne parles-tu pas russe?
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MessageSujet: Re: Entre filles, on parle rubans et poupées de chiffon ▬ PV Kazakhstan [ Terminé ]    Mer 21 Jan - 22:53

Elle était l'une en face de l'autre.

La sauvage issue de la steppe mortelle et la guerrière civilisée qui devait repousser l'envahisseur de ses frontières.

« Niet! Pas désirr attention! Toi attention! »

La sauvage ne savait pas s'exprimer correctement… Liên fronça les sourcils, essayant de la comprendre tandis qu'elle se mettait à s'exprimer en russe.Et elle, pourquoi ne parlait-elle pas russe ? Le russe, la Vietnamienne ne le comprenait et ne le parlait que très peu, et avec un très mauvais accent, alors, elle évitait. En réalité, elle ne considérait pas que lire le russe et pouvoir en dire quelques mots était « parler » cette langue. Elle avait appris au musée de la guerre en déchiffrant ces drôles de lettres sur les dépliants pour touristes.

Cependant, comme la Kazakh ne semblait pas très à l'aise avec l'anglais, Liên accepta de déroger à la règle de ne parler qu'anglais. Ce fut tout naturellement que la fillette souffla avec un air qui se voulait rassurant : «  不可以,它并不可怕。 我们吃得好。(1) » Silence. Nouveau regard perçant de la petite Kazakh. D'ailleurs, celle-ci la fixait de manière à ce qu'elle crut qu'elle avait de la salade coincée entre les dents. Mal à l'aise, Liên reprit dans un anglais timide : « Ne t'en fais pas… Tu comprends… l'anglais ? »

« Toi ici longtemps ? Beaucoup ? »

Liên hocha la tête tout en serrant le ballon de football contre elle. La nouvelle, la petite sauvage, ne paraissait pas méchante. Peut-être avait-elle simplement renversé sa valise contre le mur mitoyen…

Les accidents, ça arrivait. Même aux plus forts : un jour, Chine avait renversé du thé lorsque Corée du Sud s'était jeté sur son dos – et Monsieur Khan, sur qui le liquide s'était injustement répandu, si calme habituellement, avait laissé une expression d'exaspération se glisser sur son visage… Et ce petit accident facial avait marqué la Vietnamienne...

« Un an. » répondit-elle en accompagnant ses paroles par un geste de la main. Elle continua à la regarder, sans ajouter une seule parole. Que pouvait-elle lui dire ? Après tout, elle ne la connaissait pas.

« Вы должны…. Говорить…. Английский … я- я…-зык, здесь. (2) »

C'était un conseil. Rien que pour être sûre d'être comprise par les autres. Et puis, c'était la règle. Or, la fillette ne transgressait pas le règlement.
Du moins, elle commettait sa première véritable entrave, sans savoir que ce n'était que le premier pas d'une longue liste d'entraves qu'elle commettrait au nom de son affection pour celle qui serait « Anara » et non « Kazakhstan ».
Mais pour le moment, dans toute son innocence, Liên ne voyait qu'une « petite sauvage » face à elle.

« Tu as faim ?(3) »

Forcément qu'elle avait faim ! Au Vietnam on mange à n'importe quelle heure les heures fixes des repas pris à table n'existaient qu'au sens occidental et même si sur l'île où elles se trouvaient, c'était le grand et beau Occident, dans l'aile, elles étaient à l'abri. Elles étaient entre asiatiques.

Les asiatiques, elles sont censées parler russe ?

Bon, ok, la petite sauvage n'avait pas répondu à sa question. Et cette dernière n'était pas adressée à Liên – elle n'était pas encore assez sénile pour se poser des questions à elle-même toutefois elle considéra sa réponse comme étant celle de la sauvage. Comme personne ne bougeait, la Vietnamienne rentra de nouveau dans sa chambrette sans un mot : elle n'allait pas inviter la sauvage à la suivre dans sa chambre. Le ballon toujours serré contre elle, elle revint avec une belle coupelle de porcelaine, contenant quelques gâteaux de Lune qu'elle avait préparé avec Chine.

Elle, elle avait faim. Où était le problème ? Aligner deux mots de russe, ça creuse l'estomac.


(1)Ne t'en fais pas, ce n'est pas si terrible. On mange bien.
(2) Tu devrais parler en anglais, ici.
(3) Moi, j'ai faim, chuuut.
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MessageSujet: Re: Entre filles, on parle rubans et poupées de chiffon ▬ PV Kazakhstan [ Terminé ]    Ven 23 Jan - 13:35

Anara parlait un russe dit « pur ». Peu de monde savait cela et pour cause. Lorsque le pays fut envahit -et sa culture éparse aussi- il servit en premier lieu de gigantesque supermassif trou noir. Un trou noir servant d’accueil à ‘exil perpétuel’ selon l’expression alors employé.  Pour les dissidents d’Europe de l’est mais aussi pour un bon nombre de l’intelligentsia russe comme Soljenitsyne. Avec eux, un russe parfait, à l’accent bourgeois et au vocabulaire riche. Depuis il était coutume de dire à Moscou que les habitants d’Almaty, alors Alma-alta, avait le meilleur russe de tout l’empire communiste.

Le kazakh arrivait bien après. Dérivé du turque, il donnait une teinte perse aux habitants des steppes et faisait renaitre un autre empire déchu.

Un de plus.

Sauf que voilà, Anara ne connaissait pas un seul mot de mandarin. Pas un seul. Elle eut un regard surpris envers la vietnamienne. Oh, elle venait du côté Est du globe alors ! Cela aurait pu sembler inhérent pour un autre enfant mais avec plus de 150 ethnies sur son sol, Anara avait cette évidence surtout de ne jamais lire la nationalité des gens sur leurs visages.

Au Kazakhstan, c’était tout simplement impossible.

Elle fronça le nez et secoua son visage en un ‘non’ distinct. Elle ne comprenait pas le mandarin. Et le russe de Vietnam était trop bancal (elle avait juste compris que c’était tranquille et qu’on mangeait).

Tant pis, ce serait en anglais.

Encore un coup de ces sauvageons anglo-saxons!

« Tu as faim ?»

Ça elle comprenait. Oui elle avait faim. Elle eut envie de lui dire que d’abord dans l’avion ça avait été franchement pas bon. Ils avaient donné un morceau de poulet qui n’avait jamais du voir la lumière du jour. Et le riz était fade. Comment pouvait-on rendre du riz fade ? Elle avait bien failli tout jeter mais ses parents avaient été formelles. Comme dans toute expédition dans la toundra, les steppes ou le désert, il fallait ménager ses forces, faire avec le peu qu’on avait et bien observer. L’aigle parcourait parfois des kilomètres avant de voir un chevreau.

« Da.» Elle se rapprocha timidement de la fillette. « Tu jeu? » Anara pointa le ballon et eut un soupçon de sourire. Le premier depuis qu’elle avait posé ses pieds sur le sol américain. « J’aimer volley-ball. »

Elle piocha dans le bol des biscuits qu’elle reconnaissait. Ils venaient de l’est. De l’autre côté de la frontière. Ah ! Elle connaissait Chine ♥.

« Chine ici? Bonheur. »

Son anglais était certes monosyllabique mais donnez lui un an et il sera excellent. Surtout quand elle apprendra l’existence de Borat ><.

La petite kazakhe se lécha les lèvres, ramassant le sucre avec sa langue. C’était drôlement bon! Bien meilleur que les plats dans l’avion.

« 10h de trajet! » elle gonfla ses joues pour montrer que c’était bien fatiguant. « Suis je Anara Ten. Toi? »

Elle reprit un biscuit en murmurant un spassibo mécanique et gourmand. On dirait bien que le nanimal est un peu apprivoisé Liên :3!
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MessageSujet: Re: Entre filles, on parle rubans et poupées de chiffon ▬ PV Kazakhstan [ Terminé ]    Ven 23 Jan - 23:27


Liên ne savait pas  que son pays allait remporter la septième édition de l'ASEAN Football Federation Championship de l'hiver 2008 même si au plus profond de son cœur, elle l'espérait.


Anara s'était approchée d'elle, doucement.


La jeune fille n'avait pas encore conscience que cette rencontre anodine serait l'une des plus importantes de cette année-là. À ses yeux.

Elle baissa les yeux vers son ballon. Blanc, jaune et rouge. Les plus belles couleurs, n'est-ce pas ?

Le volley-ball. Oui, pourquoi pas.
Le football. Avant la réunification entre l'équipe du Nord, et celle du Sud, le football n'était un sport tellement reconnu. Et il fallait le reconnaître, l'équipe nationale n'avait jamais passé les tours préliminaires de la Coupe du Monde cependant pour la coupe d'Asie des nations de 2007, en tant que co-organisateur, toute la capitale s'était footballisée. Tuấn, son cousin le plus proche, avait toujours aimé ce sport. Le soir, après l'école, il jouait avec les enfants du quartier. Sa cousine le suivait. D'abord en cachette « juste pour être sûre qu'il ne fait pas de bêtises », puis elle s'était mise à jouer. C'était leur secret à tous les deux, car lui était le premier mâle né : il ne devait pas s'intéresser à des futilités qui ne faisaient pas partie des traditions et elle, c'était une fille. Le football n'était pas une activité décente pour une fille.

Mais sur cette île, elle était loin de ses parents : personne ne le saurait. Elle hocha la tête.

« Un peu. »

En vérité, elle jouait beaucoup moins qu'auparavant mais cela lui rappelait son pays, ses jeux d'enfants bien qu'elle se persuadait qu'elle n'en était plus une. Une future Nation, voilà ce qu'elle était, et qu'elle serait à jamais. L'échec n'était pas envisageable. Elle préférait mourir que de vivre dans la honte – enfin, dans l'idéal vietnamien. ( En réalité, elle n'imaginait pas cette possibilité de renvoi...)

« Chine ici ? Bonheur. »

Bonheur ?
Elle lui présenta de nouveaux les gâteaux. N'était-ce pas cela le bonheur ? De manger lorsque l'on avait faim.. ? Le bonheur, pour Liên était de manger les bons plats de Yao lorsqu'elle avait envie de voir son pays, de sentir les odeurs de l'Asie quand le Vietnam lui manquait ( et accessoirement d'être avec lui pour écouter ses magnifiques légendes sur l'Asie...)

« Suis je Anara Ten. Toi ? » Elle appréciait l'effort de la petite Sauvageonne d'employer l'anglais et sans la reprendre malgré ses erreurs, la Vietnamienne s'efforçait de parler le plus correctement.
L'Anglais.
C'était une langue si simple à parler : les intonations était plates, l'alphabet banal, il n'y avait aucun accent, aucune dénomination particulière pour s'adresser à ses congénères, les temps grammaticaux étaient réduits, pas de tutoiement ou de vouvoiement – juste un « you » ridicule – et de toutes les langues que la Vietnamienne apprenait, c'était la moins « prise de tête ». Ce qui manquait à Liên était le vocabulaire spécifique mais ça, Chine lui avait assuré que ça viendrait avec le temps.
Il suffirait qu'elle soit en bon terme avec un représentant dont la langue nationale était l'anglais et elle progresserait rapidement, non ?

« Je suis Chung Liên. Mon prénom est Liên. »

Le ballon sous un bras, tenant l'assiette de ses deux mains pour la présenter poliment vers la petite nouvelle, elle souffla : « Pour Anara. » Étrangement, cette interdiction de s'appeler par son prénom, Liên ne la respecta pas. Pour la première fois de toute son existence, elle se sentait d'humeur à faire la conversation avec une étrangère ; une fille. « De la part de Liên. »

Le ballon glissa de son bras en raison de la position de son bras et elle le suivit du regard alors qu'il roulait dans la longue allée du dortoir.
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MessageSujet: Re: Entre filles, on parle rubans et poupées de chiffon ▬ PV Kazakhstan [ Terminé ]    Lun 26 Jan - 11:45

Chung Liên.

Définitivement d’Asie orientale. A vrai dire, les kazakhes n’aimaient pas qu’on leur dise qu’ils sont asiatiques. Selon eux, ils ne le sont pas, ne l’ont jamais été. L’Empire perse et les rêves d’Alexandre le Grand et de Genghis Khan perdurent encore dans les steppes sans fin du pays.

La petite kazakhe regarda de ses yeux brillants le cadeau tendu. Le premier depuis qu'elle arrivait en terres étrangères. Tendre ses bras, offrir à manger ou à boire, c'était des marques d'affection sans prix. Anara, contrairement à ce que l’on pourrait croire considérant son caractère de petit goret pas fini, avait beaucoup d’amis. Autant qu’une petite fille pouvait en avoir au Kazakhstan ou la densité était si ridicule qu’il fallait parfois plisser les yeux pour entrapercevoir quelque chose ressemblant vaguement à une foule. Souvent, elle faisait son petit chef et cassait les pieds des gens. Souvent. Mais tout le monde parlait russe, tout le monde était flexible et elle connaissait les gens depuis qu’elle était en âge de monter à cheval.

Ici? les gens parlaient en anglais, ils avaient de drôles de couleur de cheveux (elle était certaine d’avoir croiser un garçon avec les cheveux couleur grenade !!!!!) et des coutumes différentes.

Merveilleux.

Anara eut un sourire à la mention de son prénom et sauta à bas du lit pour courir prendre le ballon et le ramener.

« Jouer après! »

Elle étouffa un bâillement. Le voyage avait été long.

« Toi me montrer ici.» Mongol avait été très gentil et lui avait tout fait visité dans l’aile mais de manière vague. ‘ Par là ce sont les garçons, là c’est moi, là c’est les filles, on peut venir dans la salle commune quand l’envie nous en prend. Attention pas de bruits, d’alcool, de dispute.’ Des choses basiques en somme. Anara était curieuse et prenant l’assiette elle alla dans un sautillement élégant, la poser sur son bureau. Remplissant ses joues d’un dernier biscuit, elle vint glisser sa main dans celle de Liên et les deux petites filles se sourirent.

Les mots étaient lents. Anara se donnait la peine de parler le plus correctement possible.

« Il y a qui … ici? Chine? et? »

Ah, voilà on arrivait à l'une des plus grandes passions de la jeune kazakhe: le gossip. Mais lorsqu'on était fille est descendante d'un peuple de nomades, les bavardages de ce genre étaient la seule façon de se tenir au courant. Les hommes parlaient, s'informaient et voyageaient et les nouvelles filaient d'une oreille à une autre aussi librement qu'un cheval sur la plaine.
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MessageSujet: Re: Entre filles, on parle rubans et poupées de chiffon ▬ PV Kazakhstan [ Terminé ]    Mar 27 Jan - 18:33



Échangeant l'assiette contre le ballon de football, Liên en profita pour plonger son regard perçant dans celui de la fillette. Elle était gentille. Entière et trépidante, mais au fond adorable. Et dans l'esprit encore enfantin mais assez vif de la Vietnamienne, aucune animosité ne venait perturber leur rencontre.

Merveilleux.

La Kazakh avait également pris sa petite main dans la sienne.

Un premier geste diplomatique inoubliable entre les deux (futures) grandes Nations que sont le Kazakhstan et le Vietnam.

D'ailleurs, lorsque le Kazakhstan avait déclaré son indépendance, le Vietnam n'avait pas tardé à le reconnaître, instaurant une relation diplomatique entre les deux pays. Ceux-ci avaient même passé un accord économique et commercial et instauré une coopération entre leurs Ministères des affaires étrangères.

Fièrement, la petite vietnamienne intégrait la Kazakh sur le territoire obscure du dortoir des filles, qui était le sien.

Accueillir la nouvelle avait été sa première grande mission de Liên et cela pouvait avoir des répercussions diplomatiques !




« Toi me montrer ici.»

Par cette demande, qui ressemblait vaguement à un ordre, Liên devenait à la fois hôte et guide d'Anara.

« L'aile n'est pas très grande… De l'autre côté, il y a les garçons. Normalement, tu ne dois pas y aller sauf si tu accompagnes l'un d'eux ou que tu cherches Chine…. Je te montrerais. Ensuite... »

Elle réfléchit, passant de nouveau son ballon sous son bras pour le garder immobile contre ses côtes.

«  Il n'y a pas le droit de se rendre dans l'espace privé de Monsieur Khan mais tu peux laisser un mot sur la table si tu as besoin de le voir mais qu'il est absent.Tu pourras aller en salle commune lorsque tu en auras envie. Sinon, il faut respecter le couvre-feu et les horaires des repas.  »

Elle jeta un regard vers la porte, comme si elle cherchait ce qu'elle avait bien pu oublier de lui expliquer. Elle parlait un peu plus lentement pour être sûre que la Kazakh la comprenne : après tout, c'était essentiel.
Liên parlait peu pourtant, énoncer des règles apprises par cœur ne semblait pas la rendre mal à l'aise.

« Il est interdit d'amener des produits… il-li-ci-tes. »

Le mot était difficile à prononcer et Liên hésitait encore sur les syllabes.

« Et puis, Monsieur Khan n'apprécie pas que nous fassions trop de bruits ou que nous nous disputions, surtout avec les garçons. »

Liên avait parfaitement répété les règles d'or qui maintenaient l'aile en état. C'étaient les premières choses qu'elle avait appris en arrivant, il était donc utile à Anara de les connaître.



Elle se tût de nouveau, reposant son regard brun sur la Kazakh. Les yeux de celle-ci brillaient avec malice tandis qu'elle demandait : « Il y a qui … ici ? Chine? Et ? » 

La conversation devenait sérieuse : il était temps de parler diplomatie. Liên devait choisir ses mots avec soin. Il fallait mieux éviter de ternir leurs honneurs en racontant les bêtises qu'ils avaient pu faire...

« Inde. »

L'Inde s'était toujours montrée comme un véritable soutien, notamment contre les menaces chinoises ou encore, contre les américains.

« Il est aimable. »

L'Indien jouait parfois la comédie, chantant et dansant dans toute l'aile en se prenant pour un prince…Répandant les sonorités de sa langue natale accompagnant les musiques de l'Orient. Liên ne parlait pas un mot de cette langue mais elle en avait appris quelques mots : « Aamaar naam, tomaar naam, Vietnam Vietnam ! » (1)


« Japon. »

Historiquement, depuis au moins le XIVe siècle, le Japon et le Vietnam entretenaient des relations commerciales prospères qui s'étaient compliquées pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le soutien apporté par le Vietnam lors de la chute du bloc soviétique avait éloigné le Japon. Toutefois, ce dernier avait intégré l'ASEAN Plus Three, ainsi, les relations étaient redevenues amicales.

« Il n'est pas désagréable. »

De plus, le futur représentant du Japon possédait un calme et un savoir-vivre incontestable qui provoquaient l'admiration de la vietnamienne.


« Et Tibet… Et il y a également les jumeaux de Corée. »

Des deux Corées aurait-elle dû préciser.

« Corée du Nord. Corée du Sud…. Ils sont dans la même classe que moi. Ils sont gentils. »

Elle avait douté du mot « gentil » mais ne s'était pas reprise. Après tout, Anara allait vivre avec eux pendant plusieurs années de sa longue vie de Nation. Elle apprendrait à les connaître… Liên ajouta doucement : « Mais faut pas les embêter. »

Elle savait qu'elle devait laisser la nouvelle se faire son propre avis sur chacun des membres de l'aile cependant, elle n'avait pas pu s'empêcher de lui donner un conseil. Pour les approcher, la Kazakh ne devait pas agir n'importe comment, n'y avait-il pas un proverbe qui rappelait que pour attraper l'oiseau, il ne fallait pas secouer pas l'arbre sur lequel il se perche ?

Un conseil, ce n'était rien qu'un conseil amical.

« Il faut les laisser tranquille, sinon, Huyng Soo va être très contrarié… Et Yong Soo. Il s'agite. Et après, Chine s'énerve, il se plaint... »

Elle baissa les yeux, regardant ses chaussures en parfait état pendant quelques secondes. Silence. Peut-être qu'Anara cherchait ses mots ou bien, elle n'avait pas très bien compris tout ce que la Vietnamienne lui avait raconté… Elle releva la tête, fronçant un peu les sourcils et rajoutant d'une voix fluette mais qui se voulait plus grave, sa main libre gesticulant, pointant de son index la Kazakh avec sévérité : « Corée ! Ton langage ! Et toi, arrête de rigoler, aru. Maintenant, tous au lit, aru, il est tard, aru. »

Une imitation était toujours plus facile à comprendre que de simples mots. Elle rougit légèrement.


(1)« Mon nom, ton nom, Vietnam, Vietnam ! » De la fin des années 1960 au milieu des années 1970, ce slogan, scandé en bengalais, servait de cri de ralliement aux étudiants de Calcutta pour exprimer leur solidarité envers le peuple vietnamien et marquer leur rejet de l’impérialisme des Etats-Unis. [Source : Le Monde diplomatie]

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MessageSujet: Re: Entre filles, on parle rubans et poupées de chiffon ▬ PV Kazakhstan [ Terminé ]    Mer 28 Jan - 15:26

L’une des variations de la célèbre loi de Murphy était la suivante : S'il y a plus d'une façon de faire quelque chose, et que l'une d'elles conduit à un désastre, alors il y aura quelqu'un pour le faire de cette façon.

Bientôt, Anara prouverait qu’en terme de relation avec certains elle était exactement la personnification glorieuse de la loi de Murphy. Un écueil sans fond de dérapages plus ou moins contrôlables qu’elle balayerait avec une désinvolture nerveuse et insouciante propre à la kazakhe.

Elle berça légèrement leurs mains en écoutant l’asiatique. Monsieur Khan c’était le monsieur qui était venu l’emmener ici dans sa chambre n’est-ce pas ? Il lui avait dit qu’il était prof de salsparisation… non…mirmiton…non plus… un truc en –ion en tout cas. Les termes anglais trop techniques ce n’était pas encore ça. Bientôt.

Tandis que Liên égrainait les règles strictes, Anara l’entraina dans la salle commune somme toute très cosy. Il y avait du monde dans l’aile asiatique et l’idée de devoir vivre les uns sur les autres termina de graver une moue sur le visage enfantin de la kazakhe.

Trop de monde.

Rendez lui ses espaces infinies, ses kilomètres de rien, sa capitale aux allées gigantesques à peine traversé.

Anara eut un frisson qu’elle gomma. Elle n’avait pas l’habitude. C’était effrayant. Elle serra les doigts de la vietnamienne et se concentra sur sa présentation du dortoir des garçons. Elle avait raison de commencer par là : autant garder le meilleur pour la fin.

« Pas produits mauvais. Pas déranger Monsieur Khan. Couvre-feu. »
Elle répéta simplement, gravant les règles dans son esprit.

Elle était du genre à respecter les règles basiques bien plus que son caractère aventureux ou fantasque ne laissait croire. Si Anara jugeait les règles appropriés, elle faisait en sorte de toujours appliquer.

Pire, elle faisait en sorte que tout le monde les applique aussi.

Et les règles que venait de lui redire Liên était à peu de choses prêt les même que ses parents lui avaient toujours dit.

« Moi jamais disputer.» Anara lui adressa un sourire confiant. Le propos était à nuancer évidemment. Elle estimait en l’occurrence que ce n'était pas elle qui commençait.

C’était amusant d’entendre tout ces noms. Inde tout comme Macao étaient extrêmement populaires. Doux, amusants et toujours prompts à épater la galerie. Anara n’aurait jamais aucune infinité avec le japonais et acquiesça sagement. Tibet semblait intéressant et Anara eut un sourire en dodelinant de la tête pour les coréens. Des jumeaux? des vrais jumeaux? Oh là là elle n’en avait jamais vu.

« Beaucoup ressemblance Corée? »

Ah ce moment d’innocence où Anara ne savait pas encore que l’un la priverait de cadeaux (des cadeaux qu’il lui devait bien èé) et l’autre la priverait de sourire et de gentillesse (le seul réconfort étant qu’il en privait 80% de la population mondiale).

La moue se creusa. Pourquoi les laisser tranquilles s’ils étaient gentils ? Et puis c’était du jumeau. Elle n’en avait jamais vu elle. Ça se trouve, ils parlaient en stéréo ? Elle en était à ce stade de pensée quand Liên fit l’imitation qu’elle jugea extrêmement drôle. Les mains vinrent se mettre devant la bouche de manière enfantine et Anara pouffa de rire.

« Aru! aru!» La kazakhe se mit à rire. Oh l’accent chinois ♥. Anara tapa des mains d’enthousiasme et tâcha d’imiter Mongol. L’intonation calme et le regard intense dont elle allait tomber éperdument amoureuse -en quelque sorte et avec toute son ineptie de jeune adolescente- quelques années plus tard. « Pas bruit après neuf heures Kazakhstan et Vietnam. »

Le sourire revint instantanément et elle eut un rire sonore. Ça faisait du bien après cette pénible journée.

Et encore, elle n’avait pas vu Chine (qui était en train de muer, ça propulsait le taux de rigolade à + 8000  -chut, elle t’aime Chine ♥-).
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MessageSujet: Re: Entre filles, on parle rubans et poupées de chiffon ▬ PV Kazakhstan [ Terminé ]    Dim 1 Fév - 19:46

La petite nouvelle, à la fois curieuse et angoissée, rappelait à Liên sa propre arrivée. C'était Chine qui lui avait fait découvrir les lieux, la tirant par la main manche, comme une enfant. Elle avait été un peu effrayée par le professeur Mongol mais cela lui avait plu d'être dans un dortoir vide. Elle s'y sentait à présent comme à la maison. Et elle voulait qu'Anara puisse également s'adapter au plus vite à l'aile asiatique.
Elle rendit discrètement la pression dans la main de la Kazakhe avant de répondre à sa question.

« Oui, ils se ressemblent beaucoup, les deux Corées.  »

Pour elle, cela paraissait évident. Les deux frères étaient physiquement identiques même si leurs coupes de cheveux respectives permettaient de les différencier.


« Tu apprendras à les connaître. »


Non, en réalité, il était impossible de confondre les deux garçons tant leurs caractères s'opposaient. De cette manière, il ne parlait malheureusement pas en stéréo : ils n'étaient jamais – ou alors exceptionnellement – sur la même longueur d'onde. Ce n'était pas toujours facile entre eux mais Liên s'efforçait de tempérer – en vain – leurs échanges quand ceux-ci devaient trop violents. Et lorsqu'il n'y avait pas d'interactions entre eux, le plus jeune monopolisait la parole. Il monopolisait également la parole avec la Vietnamienne. Et parfois avec Chine. Et même avec tous les autres. S'il pouvait monopoliser sa propre parole, il le ferait !
Et pourtant, qu'il soit si bavard ne semblait pas la déranger. Les silences de Hyung Soo étaient agréables, les paroles de Yong Soo étaient rafraîchissantes.
Elle qui était fille unique, elle s'imaginait souvent sa vie si elle avait possédé un double, un alter ego. Un jumeau ou une jumelle. Quelqu'un avec qui elle aurait pu tout partager et débattre pendant des heures sur l'impolitesse de ceux qui entrent dans les chambres des autres sans aucune permission !


Elle posa son regard sur Anara avant de regarder de nouveau le côté des garçons.Étrangement, même si elle appréciait le calme de l'aîné, elle s'entendait nettement mieux avec le cadet. C'était comme ça. Elle avait appris à l'accepter comme il était et elle s'était habituée à son enthousiasme et sa vitalité.  Liên n'était dérangée par les personnes qui étaient trop différentes d'elle.


Anara ne serait pas une exception mais peut-être la confirmation même de cette idée.


Yong Soo lui disait souvent que les contraires s'attiraient.
C'était comme le yin et le yang.

« Aru ! Aru ! » lançait la nouvelle en riant. Après avoir imité Chine, la Vietnamienne se délecta de la réaction de la fillette tout en sentant ses joues s'empourprer légèrement : elle s'était laissée emporter et avait agi sans réfléchir…
Tandis qu'Anara imitait le professeur référant de l'aile, Liên se surprit à détendre ses zygomatiques pour esquisser un minuscule mais sincère, sourire. Les sourires de Vietnam étaient rares mais la petite nouvelle était parvenue à la faire sourire sans qu'elle ne s'en rende compte.

« C'est exactement ça » souffla-t-elle en pensant que l'image reflétée par l'Empire Mongol n'était pas difficile à saisir. Après, la Nation en question était plus complexe. Elle marqua une pause, le temps de réfléchir quelques instants. « Tu as d'autres questions… ? »

Tant qu'elle ne lui demandait pas des détails sur sa vie privée ou sur les histoires personnelles des membres de l'aile, elle était prête à répondre à ses questions. Toutes ses questions.
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MessageSujet: Re: Entre filles, on parle rubans et poupées de chiffon ▬ PV Kazakhstan [ Terminé ]    Sam 7 Fév - 14:39

La maison, c’est là où le cœur est. Pline l’ancien disait ça. Un vieux gars avec une toge.

Comme si on allait l’écouter.

Anara avait déjà oublié les jumeaux sous les rires communicatifs et tirait la jeune vietnamienne vers la porte du dortoir des filles. « Ici? » Elle s’imaginait des filles toute aussi différentes que chez elle. Blondes comme les russes, aux joues rondes et yeux rieurs des polonaises, à l’intensité des descendantes turques… elle allait s’apercevoir que cela dépassait son imagination. L’Asie était vaste. Il y avait l’Asie centrale -chez elle- meltingpot de vents contraires et disparates, l’Asie des îles et de la mer d’Inde où les vaches étaient sacrés, où le safran était couleur et enfin l’oriental fait de pays où le temps était suspendu.

La soif de diversité d’Anara serait étanchée et elle acquiesça à la question de son amie. Des questions elle en avait des tas, une myriade même, mais elle était fatiguée. Il était tard, la route avait été longue et elle voulait seulement que Liên lui raconte.

Turquie ? Turquie devait être là non ? Et Russie ? Russie aussi.

C’était instinctif. On ne pouvait pas faire grand chose contre cela lorsque l’on portait l’Histoire de son pays dans ses entrailles. L’élan vous portait irrémédiablement vers ceux qui avait été à votre contact des siècles durant. Certains parlaient de réincarnations, d’autre de destins.

Ça ne changeait pas cette pulsion sourde et envahissante. La reconnaissance tacite. Anara se sentirait toujours admirative de Turquie, elle voudrait toujours être l’unique réceptacle de l’affection chinoise, désirerait sans discontinuité impressionner le russe.

Des sentiments qui finiraient par se renforcer puis par s’installer tranquillement, avec une routine sourde, la laissant vivre une vie plus libre pour elle-même. Comme Biélorussie qui désirait faire un avec son frère et ce contre tout bon sens, Anara ne voulait rien d’autre parfois que se dissoudre entre ses trois là.

Plus tard, sans doute, Kazakhstan se demanderait si Vietnam avait ce même gout mi-figue mi-raisin dans la bouche. Celui de ceux qui l’avait conquise par le passé, USA, France, Chine. Tant d’empires qui vont et viennent sans se soucier des traces qu’ils laissent.

Mais nous avançons dans l’histoire et du haut de ses 10 ans, la petite sauvageonne étouffa un bâillement en posant sa tempe sur l’épaule de celle qu’elle avait décidé automatiquement d’adopter comme amie. « Da. Beaucoup questions. Demain. L’école être difficile? Moi bonne élève. Faire de mon mieux.»

Bientôt, elle découvrirait qu’au même moment, de l’autre côté de l’établissement, il y avait un petit garçon blond avec les lunettes venant directement de Tallinn qui faisait également son entrée dans l’école. Bientôt.

Ce serait merveilleux.

« Toi venir coiffer mes cheveux s’il plait à toi. »

Elle ne pourra pas s’endormir sinon et ce sera pire demain matin niveau tête de chacal. Heureusement, la jeune kazakhe eut la bonne idée de faire une moue mignonne dans le tas. Histoire de convaincre.
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MessageSujet: Re: Entre filles, on parle rubans et poupées de chiffon ▬ PV Kazakhstan [ Terminé ]    Dim 8 Fév - 19:39


Le regard de Liên se posa sur la porte d'entrée du dortoir des filles.

« Ici, c'est nous. Toi et moi. »

Elle observa la réaction d'Anara et fut légèrement surprise. Celle-ci ne semblait pas particulièrement contente de cette réponse. Elle aurait pensé que, tout comme elle, la Kazakhe aurait aimé la tranquillité. Elle représentait déjà son futur quotidien avec une petite camarade avec elle. Dans l'imaginaire de Liên, rien ne changerait, il y aurait simplement une présence supplémentaire, juste à côté.

Si seulement, ça ne pouvait être que cela…

« Toi venir coiffer mes cheveux s’il plaît à toi. »

À cet instant, Liên eût un pressentiment. Le genre de sensation qui est là pour vous alerter que toute votre vie est en train de changer.


Anara comprendrait rapidement que les petits regards mignons n'avaient pas d'effet sur Liên. Cependant, elle devait pour son honneur, répondre à la demande de la nouvelle.

La coiffer ?

Il fut un temps – très lointain – exactement jusqu'aux dernières vacances avant l'été, Liên se laissait coiffer par sa famille ou par Chine, lorsqu'elle était à l'académie. De cette manière, ses cheveux étaient toujours arrangés de manière compliquées. Ayant décidée de ne plus se laisser faire, elle les brossait et les attachait de manière simple et rapide dans son dos à l'aide d'un élastique. C'était nettement plus pratique et au moins, elle pouvait se coiffer toute seule.
Elle dévisagea la nouvelle en silence, encore un peu perplexe.


Et même si elle mourrait d'envie de demander à Chine de venir coiffer Anara, par fierté, elle ne bougea pas, hochant doucement la tête. C'était elle, l'aînée du dortoir des filles, elle réglerait elle-même les problèmes.


Elle mena Anara jusqu'à sa nouvelle chambre, l'assit à la chaise de son bureau et fila dans la salle de bain prendre le nécessaire. Elle revint rapidement avec ce qu'elle pensait être un démêlant, un peigne, une brosse et quelques autres produits et élastiques noirs, très serrés.

C'était le début de l'opération spéciale « coiffage de la petite princesse kazakhe ».

Elle posa le matériel sur le lit et fixa avec intensité tous les outils.  Il fallait commencer par le démêlant. Elle vaporisa les cheveux d'Anara d'un coup de laque et se mît à tousser fortement à cause du produit. Puis, en touchant les cheveux, elle se rendit compte que le produit ne faisait pas l'effet qu'elle espérait. Elle tenta de donner un coup de peigne, impossible ! Les cheveux étaient collés entre eux : elle avait utilisé beaucoup trop de laque. Sans paniquer, elle retourna dans la salle de bain et réapparut aux côtés d'Anara avec un verre d'eau et des serviettes. Elle emmitoufla la petite de serviettes et versa un peu d'eau  sur le sommet de son crâne avant de forcer le peigne à passer entre les mèches.

« Ça va…. ? Ça ne tire pas trop ? »

Elle continua un peu plus doucement, passant du peigne à la brosse. Après avoir démêlé les cheveux qui étaient encore assez souples, elle tenta de faire une natte comme celle de Corée du Nord. Longue et parfaitement ordonnée. Elle se souvenait des gestes mécaniques que Chine effectuait le matin pour natter les cheveux de Hyung Soo. Pourquoi n'y arriverait-elle pas à son tour ?

De ses doigts agiles, elle tressa les cheveux comme elle l'aurait fait avec une tapisserie. Le rendu était satisfaisant pour quelqu'un d'aussi peu expérimenté…

Et comme les mèches ne tenaient pas, la Vietnamienne les fixa avec une dose de gel chinois. C'était un produit verdâtre dégageant une odeur étrange. D'ailleurs, qui dans l'aile utilisait ce produit ? Elle haussa un sourcil lorsqu'elle s’aperçut que les cheveux d'Anara étaient devenus brillants et collants.

La princesse était prête à plonger au pays des rêves. Satisfaite ?
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MessageSujet: Re: Entre filles, on parle rubans et poupées de chiffon ▬ PV Kazakhstan [ Terminé ]    Mar 17 Fév - 16:55

Ça c'était HORRIBLE Liên!! La pire des choses que tu pouvais faire. Un truc normalement où plus jamais elle ne t'adresserait la parole (en tout cas jusqu'à lundi).

Heureusement qu'elle n'en voyait rien.

" Toi aller bien?" La petite kazakhe eut une moue. Ses cheveux étaient souples, épais et ils n'avaient pas la noirceur ébène et bleu noir des autres asiatiques. Les mélanges turcs et russes au fil des générations leurs avaient donné de très légers reflets auburn que l'on ne percevait qu'au soleil.

Autant dire que le truc verdâtre ça ne va pas passer. Du tout. Pour un peu, on aurait pu croire que Vietnam avait délibérément fait ses choix. Une cruauté toute asiatique peinte en dissimulation feutrée et en politesse exquise.

Un cri d'horreur en croisant son reflet dans le miroir et la petite princesse se leva d'un bond filant dans un tonnerre d'injure russe et kazakhe vers l'endroit que lui avait indiqué Mongol comme étant les douches. Sans se déshabiller elle tâcha du mieux qu'elle put d'enlever le produit infâme, de sauver ses cheveux de l'odeur nauséabonde et de défaire la natte dont les étirements deci-delà auraient lui mettre la puce à l'oreille.

Quand elle revint, elle garda ses plaintes pour elle. Dignement. Et dans une moue, fit comprendre à Vietnam qu'elle se débrouillerait bien toute seule.

Si Liên serait toujours une très bonne amie, la leçon avait été profitable. Dans cette école au final, il valait mieux ne faire confiance de trop en personne. Il fallait toujours se garder d'avoir trop d'inclinations, de trop apprécier, d'être trop attachée.

La fin justifiait les moyens.

A tout niveau, et pour tout le monde.
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MessageSujet: Re: Entre filles, on parle rubans et poupées de chiffon ▬ PV Kazakhstan [ Terminé ]    Sam 21 Fév - 11:27



À voir sa réaction, la petite princesse ne semblait pas satisfaite. Mais alors pas du tout, du tout !

La Vietnamienne s'en était voulue surtout lorsqu'elle avait entendu la petite crier et perdre son sang-froid. Et même si Liên ne comprenait pas tout ce qu'elle disait, elle n'était pas assez dupe pour croire que le flot de paroles étaient des compliments sur sa réussite.

Froidement, Anara avait renvoyé la Vietnamienne déplorée qui cherchait comment réparer son erreur. Retournant dans sa chambre, penaude, elle imaginait déjà un stratagème pour éviter les remarques désobligeantes de Chine. Elle allait sans doute décevoir son aîné et cela lui était insupportable. De plus, elle n'aimait pas l'idée de partir d'un si mauvais pied avec une personne qui deviendrait plus tard BFF number 1 une très bonne amie.

Elle se coucha, le cœur et l'âme en peine, écoutant avec attention chacun des bruit provenant de l'autre côté du mur mitoyen. Il lui sembla que la petite Kazakhe s'était à son tour couchée et qu'elle s'apprêtait à dormir. Et malgré l'heure qui avançait, l'agitation ne cessa pas de l'autre côté du mur. De son côté, Liên ne parvenait pas à dormir, c'était plus fort qu'elle : elle songeait à ce devoir si important que Chine lui avait demandé d'accomplir et où elle avait lamentablement échoué !

Mais à qui était la faute ? Se servir d'un peigne n'était pas une tâche si facile…



Il paraissait clair que ni la représentante du Kazaksthan, ni celle du Vietnam ne pouvait s'endormir.



Timidement, Liên avait transgressé un des interdits du règlement intérieur. Mais pour sa future super amie, rien n'était trop grave. Elle avait bafouillé un joli charabia en russe en poussant la porte de la chambre d'Anara pour (essayer de ) lui faire comprendre qu'elle voulait lui présenter des excuses.


Et, avant que la fillette n'ait eu le temps de bouger, peut-être essayait-elle encore de comprendre le russe de la Vietnamienne, celle-ci s'était approchée pour réitérer ses excuses. Puis, découvrant la petite mortifiée dans son lit, elle se glissa près d'elle sous les couvertures, lui murmurant en russo-anglais, des paroles d'encouragement pour la réconforter.


C'était sans doute la seule transgression au règlement qu'elle ne ferait jamais… D'ailleurs, sans l'indulgence de Chine, peut-être aurait-elle été punie pour avoir partagé le lit d'une camarade mal coiffée, en proie au désespoir dans cet univers inconnu. C'était la première nuit d'une longue liste de nuits qu'elle passerait avec Anara. Côte à côte, sous les draps, murmurant des histoires pour s'endormir comme deux sœurs.
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MessageSujet: Re: Entre filles, on parle rubans et poupées de chiffon ▬ PV Kazakhstan [ Terminé ]    

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Entre filles, on parle rubans et poupées de chiffon ▬ PV Kazakhstan [ Terminé ]
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